Il y a 30 ans, Faron Young (1932-1996)
tirait sa révérence

 

En décembre 1996, la nouvelle tomba comme un couperet : Faron Young, l’un des plus grands noms de la country music, venait de mettre fin à ses jours.

Né le 25 février à Shreveport, Louisiane, Faron Young placera, au cours de sa carrière, quelque 90 chansons dans les hit-parades. Fils de fermier, il avait commencé à chanter en s’accompagnant de cette simple guitare qu’on lui avait offerte alors qu’il n’était encore qu’un mouflet. Et c’est donc très jeune qu’il rencontrera le succès, aidé en cela par ses passages réguliers dans l’émission de radio très populaire, « Louisiana Hayride ».

C’est sur la scène du « Louisiana Hayride » qu’il va rencontrer un autre géant de la country, Webb Pierce. Ensemble, ils vont faire des tournées de légende dans tous les honky tonks et les clubs du sud des Etats-Unis.

En 1952, Faron signe avec Capitol, quelques semaines avant d’être appelé en Corée. Profitant d’une permission, il va enregistrer Goin’ Steady qui, en 1953, se hissera à la deuxième place du hit-parade.

Libéré de ses obligations militaires en 1954, il ne décollera désormais plus des premières places : If You Ain’t Lovin’, Live Fast Love Hard Die Young, All Right, etc.

Il donnera aussi une seconde jeunesse à l’un des hymnes de la country, I’ve Got Five Dollars (de Ted Daffan), au point d’en faire un standard incontournable.

Comme il a une belle petite gueule de Sudiste bien comme il faut, le cinéma va le courtiser. On le verra notamment dans Hidden Guns, ce qui lui vaudra les surnoms de « Young Sheriff » et de « Singing Sheriff ». On le verra encore dans Daniel Boone, Raiders of Old California, Country Music Hollydays, etc.

En 1959, nouveau gros succès du disque avec Country Girl, suivi en 1960 de Riverboat et, un an plus tard, de Hello Walls écrit par un jeune encore peu connu (mais qui ne le restera plus longtemps), Willie Nelson.

En 1964, avec quelques autres rochons de son espèce, il claque la porte du Grand Ole Opry, ce temple de la country à Nashville (où les ronchons ne sont jamais les gagnants au final).

De la trempe d’un Hank Williams (son modèle), Faron Young restera toujours fidèle à la real thing dans les années soixante-dix quand quelques country singers moins solides iront surfer sur la vague pop.

Dans le même temps, il mènera de front une carrière d’éditeur musical, de directeur d’une agence de management d’artistes et d’un journal (qui est une mine), Music City News.

Grande gueule, grand buveur (de bière), grand bagarreur, très good ol’ rebel, Faron eut souvent maille à partir avec les lois yankees. Et puis il y eut ce jour de décembre 1996 – il n’avait que 64 ans – où il choisira, parce que la maladie le rongeait, de rejoindre le honky tonk des anges… Dans l’esprit d’un de ses succès peut-être : « Vis à fond la caisse, aime à fond la caisse, meurs jeune »…

Alain Sanders

 

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