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La
Route 66, inaugurée en 1926, Une route motrice, une route matrice, la « Route Mère »… |
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Inaugurée en 1926, la légendaire Route 66 a été célébrée de toutes les manières possibles : en prose, en vers, en chanson, au cinéma, en littérature, en peinture, etc. La Route 66, ce n’était pas une route, c’était une aventure. Ce long ruban, qui court sur 2400 miles de Chicago à Santa Monica, faillit sombrer dans l’oubli. Il a heureusement connu, depuis des années, un éternel revival. D’ailleurs, même quand elle perdit sa qualification d’autoroute fédérale dans les années 1980, la Route 66 ne cessa jamais de vivre dans l’imaginaire de ceux qui ont gardé l’esprit pionnier. |
| Un long ruban d’asphalte à travers huit Etats, des dizaines de grandes villes, trois fuseaux horaires, des centaines de petits bleds. Il avait fallu attendre la fin des années trente pour que l’US Route 66 – c’est son nom officiel – soit entièrement goudronnée. Mais elle n’avait pas attendu cette consécration pour gagner le surnom de Main Street of America. Dans Les Raisins de la colère, John Steinbeck lui en donna un autre – et magnifique – de surnom : Mother Road (la Route Mère). Matrice et motrice tout à la fois… Pendant
la Seconde Guerre mondiale, la Route 66 sera surtout fréquentée
– rationnements d’essence pour les particuliers obligeant
– par d’incessants convois militaires, avec l’établissement,
tout au long du parcours, de camps de l’armée. Au
milieu des années cinquante, le président Dwight Eisenhower,
qui avait été impressionné par le puissant réseau
d’autoroutes en Allemagne, souhaita que les États-Unis
se couvrent de super-highways. Au fil des ans – il en faudra quand
même trente pour perpétrer ce « meurtre » –
cinq highways inter-Etats finiront par avoir la peau de la vieille dame… Ces collectionneurs fréquentent les motels, les cafés, les stations-service, les honky tonks qui conservent l’esprit de la Route Mère. Certains ramassent même des morceaux d’asphalte (il y a quelques années, pour le soixante-sixième anniversaire de la Route, l’Arizona vendit ainsi des milliers de petits morceaux labellisés « Route 66 »). Mais la plus belle des collections, c’est de collecter les histoires, les anecdotes, les légendes qui racontent une épopée routière inégalée. Ce qui n’empêche pas certains (de ma connaissance…) de s’enorgueillir de posséder (notamment) le menu d’un café de l’Oklahoma spécialisé dans le chicken fried chicken façon Route 66 ; une vieille carte postale représentant la façade de l’Ariston Cafe à Litchfield (Illinois) ; une pub de Chandler (Oklahoma) ; des panneaux routiers avec les mots magiques « Route 66 » ; des affiches de gallup (Nouveau-Mexique), de Holbrook (Arizona), d’Amarillo (Texas), de Stanton (Missouri)… Pas sûr qu’on peut encore faire le plein, de nos jours, à l’Autostop de Dwight (Illinois), qu’on puisse déjeuner à la Cafeteria de Pacific (Missouri), qu’on puisse dîner au Rancho Grande de Tulsa (Oklahoma), qu’on puisse faire son shopping chez Fisher Brothers à Riverston (Kansas) et dormir au Flag Ship (Missouri)… Ce qui est sûr, en revanche, c’est que You’ll get your kick on Route 66 ! Alain Sanders |
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